02-09-2010


weblogs-tegen-racisme.be.gifRapporteer Cyberhate!

POINTS DE VUE
Actualité
Programme
Dossiers
Economisch congres
Chronique
Anecdotes
Quiz
101 Raisons
LE PARTI
Pourquoi Vlaams Belang?
Le président
Organisation
Histoire
Elections
Dissidents
Groupes alliés
International
LES ELUS
Dans les parlements
Votes
Propositions
Dans les communes
DANS LES MEDIAS
Dagelijks persoverzicht
Journaux et périodiques
Articles scientifiques
Radio et télé
Livres et brochures
Critiques de livres
Communiqués de presse
Debat
CONTACT
E-magazine
Participer
Soutenir
Service Thèses
Pourquoi ce site?
Autres sites
Colophon
PROPAGANDE
Activiteiten
Photos | E-cartes
Caricatures | E-cartes
Blokwatch TV
Achat en ligne

blokwatch gratis stickers


Frank Vanhecke, le nouveau Karel Dillen Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marc Spruyt   

Le Vlaams Belang organisa la première élection de son président 27 ans exactement après la fondation du Vlaams Blok. Contrairement toutefois aux usages dans d’autres partis, ses 20.000 membres n’éliraient pas leur président, mais un cercle restreint de moins de 500 cadres du parti. Au scrutin secret du 12 décembre 2004, Frank Vanhecke, seul candidat avancé par le conseil du parti, fut élu par 442 des 469 cadres (94,24%).

Vanhecke dirige le VB depuis 1996. Le président fondateur Karel Dillen le désigna à l’époque à sa succession. On peut dire que le moment choisi pour la passation des pouvoirs était pour le moins malheureux car ce fut durant un congrès portant le titre ‘Le peuple décide. Plus de démocratie dans une Flandre libre'. Ce ne fut pas au goût de tout le monde.

"Le moment choisi par le président-à-vie pour désigner son successeur, précisément lors d’un congrès à propos de la démocratie est pour le moins malheureux. On reproche au Vlaams Blok de ne pas être démocratique, et bien, on ne peut offrir un meilleur argument à nos adversaires," écrivit Luc Sevenhans, membre du conseil communal de Brasschaat (et futur parlementaire) pour le VB dans un courrier des lecteurs irrité adressé ‘t Pallieterke. "Frank Vanhecke est certainement un bon choix, mais le choix de qui? L’année dernière, j’ai consacré une centaine de mes soirées au Vlaams Blok. Est-ce quelqu’un des hautes sphères du parti peut venir expliquer à ma famille pourquoi je n’ai pas le droit d’élire le président?"
En réponse, une copie des statuts du parti suffit ou, suivant les propos de Vanhecke, toujours prompt à faire taire les critiques : "La démocratie est un régime d’état, pas un régime de parti ou d’association"[1]

L’ex-président-à-vie

Au congrès consacré à la démocratie de 1996, le président-à-vie Karel Dillen (voir photo ci-contre) joue pour la dernière fois un rôle de premier plan : il s’escamote lui-même. A près de 71 ans, le président fondateur (°1925) dirige le parti depuis sa fondation le 2 octobre 1977 (à l’époque sous le nom Vlaams Nationale Partij, depuis le 28 mai 1979 officiellement sous le nom Vlaams Blok) et depuis quelque temps, il prépare son abdication en silence.

Le 11 janvier 1996 déjà, dans une interview à la Gazet van Antwerpen, Gerolf Annemans abordait le sujet de façon prudente. "En effet, je ne l’exclus pas," répondait Annemans à la question si "éventuellement" il serait candidat à la succession de Dillen. En 1987, Annemans avait déjà été sollicité par Dillen pour la reprise de son siège à la Chambre, ce qui ne manqua pas de susciter les spéculations à propos de la future présidence.

Filip Dewinter, présenté à tort ou à raison comme le concurrent d’Annemans, réagit publiquement seulement quatre mois plus tard. Dans une nouvelle interview à la Gazet van Antwerpen, il fait savoir que la présidence du Blok ne l’intéresse pas. Il veut se concentrer entièrement sur Anvers. "Annemans peut se porter candidat comme tout un chacun, mais je maintiens mon point de vue, à savoir que cette question ne doit pas être débattue en place publique," ajoute Dewinter.

Nul doute qu’à ce moment-là, Dewinter savait déjà que la décision était prise. Dans son édition du 15 mai 1996, l’hebdomadaire de droite ‘t Pallieterke annonce qui succédera à Dillen. Cela n’est pas sujet à beaucoupe de discussions puisque d’après les statuts du parti, Dillen a le droit de désigner seul qui sera son successeur.

A la surprise de nombreuses personnes, son choix tombe sur Frank Vanhecke (°1959), 37 ans, membre du Parlement européen, fidèle collaborateur faisant partie de son entourage personnel, mandaté politique depuis seulement deux ans.  

Pitbull plutôt que bichon

Quelques jours avant le congrès sur la démocratie du 8 juin 1996 la nouvelle parvient à la presse. De nombreux journalistes considèrent la nomination de Vanhecke comme le signe avant-coureur d’un changement de cap. Ou plutôt : ils l’espèrent car des indices sérieux dans ce sens, il n’y en a jamais eu.

Comme l’écrivit l’éditorialiste du Standaard le 10 juin 1996: "L’espoir grandit ces dernières semaines qu’à l’occasion du changement de présidence, le Vlaams Blok en profiterait pour évoluer vers un parti conservateur normal. Un parti qui traduirait les opinions conservatrices honorables qui sont celles d’une partie de l’électorat. Ou que le Blok évoluerait à nouveau dans le sens d’un parti nationaliste Flamand radical, sans gangrène raciste”, alors que sous Dillen, le Blok ne l’avait jamais été.

Le 11 juin 1996, le rédacteur en chef du Morgen est sur la même longueur d’onde: "Il a fallu patienter pour voir dans quelle direction s’orienterait le Blok sous son nouveau président et si la fraction du parti qui vise à l’équilibre entre un parti respectable, civilisé et une droite plus dure serait la ligne soutenue par le nouveau président."

Le président tout frais émoulu met vite fin à ces illusions. Le Vlaams Blok restera le Vlaams Blok, souligne Vanhecke: "Les journalistes et les concurrents politiques auraient certainement aimé que le Vlaams Blok suive à présent une ‘ligne modérée’, quelle qu’en soit d’ailleurs la signification. Nous ne sommes toutefois pas là pour faire plaisir à nos opposants politiques, mais bien pour défendre notre programme et représenter au mieux nos électeurs [...] Nos opposants politiques savent entre temps que nous ne changerons pas nos prises de positions d’un pouce," écrit-il dans le journal du parti de juillet 1996.

Vanhecke saute sur l’occasion pour signifier à tous, amis ou ennemis, qu’avec lui, le Vlaams Bok ne changera pas son fusil d’épaule. "La stratégie de parti d’opposition, du coup de fouet, suivie depuis la fondation du parti a prouvé son efficacité politique. [...] Il n’y a donc aucune raison de l’abandonner," déclare-t-il lors de sa première prise de position en tant que président du Blok. "Nous ne devons pas nous dissimuler qu’avant le marathon des élections de juin 1999, trois années difficiles nous attendent encore. En tant que parti combattant, le défi des campagnes électorales nous manque. Il s’agira donc de créer dès à présent les conditions favorables pour rendre une victoire électorale possible à ce moment-là. En dehors d’une dynamisation du travail dans les parlements – tout au moins où c’est nécessaire -, cela signifie une combativité accrue et une plus grande présence publique."

En coulisses, Karel Dillen approuve. "Si jamais il fallait choisir entre être un bichon ou un pitbull, soyez alors un pitbull," dit Dillen en s’adressant à Vanhecke lors de son discours d’adieu. "Acceptez avec le sourire les gentilles tapes dans le dos mais ne baissez pas votre garde. [...] En tant que président du Vlaams Blok vous aurez un double rôle à jouer. Vous êtes le bon pasteur qui doit mener son troupeau. Mais le bon pasteur peut aussi être le chien berger alerte et prêt à mordre lorsque c’est nécessaire, mordant  ceux qui s’attaquent au troupeau, qu’ils soient au sein de celui-ci ou à l’extérieur."[2]

On resserre les rangs

L’ancien et le nouveau président maintiennent entre temps des contacts privilégiés. "Je n’abandonne pas le Vlaams Blok," dit Dillen, "et j’espère que le Vlaams Blok ne m’abandonnera jamais."[3] Tout comme  Vanhecke, Dillen continue à siéger au Parlement européen, tous deux sont réélus en 1999 ; en 2004 Dillen prend sa retraite, tout en gardant une voix dans le conseil du parti en tant que président d’honneur.  

D’autres vieux serviteurs restent également fidèles au poste. Roeland Raes (°1934) par exemple, alors âgé de 61 ans, reste le discret vice-président-à-vie, et jusqu’à sa démission forcée en 2001, il remplacera Vanhecke lorsque celui-ci est absent et il dirigera les réunions du conseil du parti.

Au sein du Vlaams Blok, le changement de président est bien digéré. Le choix qu’a fait Dillen pour sa succession n’est contesté par personne car cela serait ressenti comme une critique à l’adresse de Dillen lui-même. "Nous ne pouvons pas mieux remercier Karel Dillen de ce qu’il a signifié pour nous, pour le Vlaams Blok, pour le nationalisme flamand qu’en nous plaçant comme un seul homme derrière Frank Vanhecke, et en continuant la lutte avec lui, coude à coude, en rangs serrés," souligne le rédacteur en chef Joris van Hauthem, lui aussi cité à l’époque comme successeur possible, dans son mot de remerciement à Dillen dans le mensuel du parti de juin 1996.

Du VU vers le VNP / Vlaams Blok

Bien que dans le passé beaucoup moins présent à l’avant-plan, Frank Vanhecke remplissait déjà un rôle important au Vlaams Blok depuis plus longtemps que par exemple Filip Dewinter ou Gerolf Annemans.

A l’adolescence, Vanhecke, né le 30 mai 1959 à Bruges, milite auprès du Taal-Actie-Komitee (TAK) et des jeunes Volksunie. Etre présent aux fameuses promenades du TAK (voir photo ci-contre), il en fait une question d’honneur. Lorsqu’en mai 1977 la Volksunie signe le pacte d’Egmont et fait son entrée dans le gouvernement belge, Vanhecke, furieux, déchire sa carte de membre de la VU. "Pas tant à cause du pacte d’Egmont en lui-même, mais parce qu’il m’était insupportable que la VU entre dans un gouvernement sans exiger l’amnistie," explique-t-il dans une interview. [4]

A la place, il prend aussitôt une carte de membre du Vlaams Nationale Partij (VNP) de Karel Dillen et se porte candidat comme personne de contact pour Bruges. En septembre, Frank Vanhecke s’inscrit à la Vrije Universiteit van Brussel (VUB) où il étudie les sciences de la communication. En 1981 il termine ses études par un mémoire sur la Nouvelle droite française, un courant idéologique qui veut fournir de nouvelles armes à l’extrême-droite. Son mémoire de 112 pages porte le titre Metapoli­tieke strategie, organisatie en ideeën van cultureel Nieuw Rechts in Frankrijk: Groupement de Recherche et d"Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE), 1967-1981. Le professeur Herman Balthazar est son promoteur. Dans la préface de son mémoire, Vanhecke qualifie la Nouvelle Droite de "phénomène intéressant, tant sur le plan des idées que sur le plan général de l’organisation (donc sur le plan de la stratégie utilisée pour que ces idées rencontrent le succès)."

Vanhecke collabore au journal du parti dès ses années d’études. En mars 1979 paraît son tout premier article, dans lequel il traite du pacte d’Egmont et de la trahison de la Volksunie. Vanhecke plaide également pour que le Blok prenne des initiatives afin de réunir les organisations de la jeunesse nationale flamandes. "Car nous ne pouvons continuer à tolérer que la gauche et l’extrême-gauche noyautent les mouvements de jeunesse, sans proposer une alternative valable," écrit-il en juin 1979. "Un mouvement de jeunesse nationaliste flamand uni doit offrir une alternative en matière de politique de la jeunesse. Les mouvements de jeunesse traditionnels sont en effet en grande partie dégradés. [...] Il y a là peut-être une tâche à remplir par la direction et les militants du Vlaams Blok : tout mettre en oeuvre pour que cette unité soit établie, une unité qui dépasse la politique des partis. Une unité sans folles idéologies ou symboles étrangers, mais sur base d’un nationalisme flamand et néerlandais sain et sans compromis."

La race de Flandre occidentale

Sans Vanhecke, pas de Dewinter: il vend sa première carte de membre à son concitoyen de trois ans son cadet (°1962). Dewin­ter était d’abord devenu membre du Vlaamse Volkspartij (VVP) de Lode Claes, deuxième petit parti anti-Egmont en dehors du VNP de Dillen.[5] Les deux Brugeois se lient d’une solide amitie. Ils militent ensemble auprès du Vlaamse Scholieren Actie­groe­pen (VSAG), précurseur du Nationa­listisch Jongstu­denten Verbond (NJSV). C’est la division des écoliers du Nationa­listische Studen­tenvereniging (NSV), mouvement auprès duquel le duo prend également du galon.

Au contraire de Dewinter, Vanhecke retourne à Bruges après ses études. Il n’oublie pas ses racines en Flandre Occidentale. "Depuis l’invasion française de 1830 à laquelle n’ont participé que quelques familles nobles francisées de nos contrées, la Flandre Occidentale a été une des plus grandes victimes de l’établissement désastreux de l’état belge. Ce sont uniquement la ténacité de la race de Flandre Occidentale et son travail opiniâtre qui forment la base de la prospérité actuelle de la Flandre Occidentale. [...] Les Flamands de Flandre Occidentale ont joué un très grand rôle dans le réveil des Flamands et dans notre lutte nationale et ils sont trop nombreux pour les nommer tous ici," écrit-il dans le mensuel du parti de novembre 1979.

Rapidement après ses études, Vanhecke est admis dans les plus hautes sphères des organes du Vlaams Blok. Le jeune licencié en sciences de la communication devient responsable de presse au sein de la direction du parti et le reste jusqu’à ce qu’il devienne président en 1996. A cette époque, le Blok n’est encore qu’un petit parti organisé de façon dilettante, à l’envergure limitée et aux ambitions modestes. Le parti ne maîtrise pas encore comme actuellement toutes les finesses de la communication de masse.

Comme en témoigne le sujet de son mémoire, Vanhecke sait que la lutte politique ne peut pas être gagnée sans un combat culturel, et il avait déjà attiré l’attention des membres de son parti sur l’importance des canaux métapolitiques. Il écrit en avril 1981, sous le titre ‘Pour une politique des médias nationaliste’: "Beaucoup de nationalistes ne voient pas encore pourquoi nous devons prendre position sur toutes ces questions en tant que parti nationaliste flamand. Il s’agit pourtant de la perpétuation du nationalisme et de l’idéologie de droite elle-même, celles-ci étant aujourd’hui altérées par exemple par la prolifération de la publicité ou la surreprésentation de la littérature de poubelle et des bandes dessinées carrément idiotes sur le marché des lectures pour la jeunesse."

Plus tard, ces thèmes seront encore à l’ordre du jour auprès des Vlaams Blok-Jongeren, fondés en 1987 par Vanhecke avec e.a. Filip Dewinter. Dewinter en devient le président, Vanhecke le responsable de presse. Ils font ensemble le tour de leurs coreligionnaires à l’étranger, dans le but de fonder un mouvement de la jeunesse européenne d’extrême-droite. Ils ont les meilleures relations avec le Front National de la Jeunesse (FNJ), la division jeunes du FN de Jean-Marie Le Pen.

Vanhecke se spécialise de plus en plus en politique étrangère. A partir de 1986 il a une rubrique étranger permanente dans le mensuel du parti, dans laquelle il peut se donner corps et âme (voir encadré ci-dessous). Il traite de sujets similaires dans trois interventions aux congrès des VBJ de 1987, 1989 et 1990. Il n’écrira pas d’autres textes pour les congrès ; tout comme Karel Dillen qui n’écrivit jamais de textes non plus durant sa présidence.

En avril 1998, Frank Vanhecke est interviewé par le Deutsche Natio­nal Zei­tung, l’hebdomadaire d’extrême-droite de Gerhard Frey, tiré à 150.000 exemplaires. Il n’en coûte pas grand-chose à Vanhecke pour se rendre particulièrement sympathique auprès des lecteurs de cette publication. Ainsi appelle-t-il "la libération de Mussolini" la prestation militaire la plus amirable de l’histoire. Il aurait aimé vivre de près la guerre civile espagnole, déclare-t-il. Et particulièrement lorsque les troupes fascistes du général Franco remportèrent la victoire sur l’armée populaire de gauche. Vanhecke connaît ses classiques d’extrême-droite, c’est sûr. Il mentionne entre autres Jean Raspail et Robert Brasillach comme étant ses auteurs favoris. Du coup, politiquement, quelque chose lui reste en travers de la gorge. "La falsification de l’histoire de la deuxième guerre mondiale," répond-il franchement lorsqu’on lui demande ce qui lui fait le plus horreur.[6]

Le garde du corps de Dillen

Lorsqu’en juin 1989 Dillen lui demande d’être son secrétaire au Parlement européen, Vanhecke renonce avec plaisir à son job dans le privé. Son rêve devient enfin réalité : une vie au service de ses idéaux politiques. Vanhec­ke prend son nouveau travail à coeur: il accompagne Dillen partout où celui-ci se rend, comme s’il était son garde du corps personnel. Même aux élections, lorsque Dillen doit voter à son domicile de Deurne, Vanhecke accourt depuis Bruges. En 1989, Vanhecke dirige les pourparlers avec le Front National français et les Republikaner allemands, avec lesquels le Vlaams Blok formera une fraction européenne de droite.

Le 12 juin 1994, Vanhec­ke est élu lui-même pour la première fois. Avec 23.371 voix de préférence, il devient aux côtés de Karel Dillen le deuxième élu du Vlaams Blok au Parlement européen.

Cinq ans plus tard, en 1999, les rôles sont inversés. Tête de liste aux élections européennes, Vanhecke obtient 160.117 voix de préférence (sur un total pour la liste de 584.392). Dillen, numéro deux de la liste, enregistre 37.514 voix de préférence. Sérieusement moins que les 45.869 voix de préférence obtenues par Gerolf Annemans en fin de liste. En 1994, en tête de liste, Dillen avait encore engrangé 87.009 voix de préférence (sur un total pour la liste de 463.919). Ces chiffres sont le résultat du premier test électoral auquel Frank Vanhecke se soumet depuis qu’il a accédé à la présidence en 1996.

Le 18 mai 2003, il est élu sénateur. Depuis le 13 juin 2004, il siège à nouveau au Parlement européen.


The very best of Frank Vanhecke

Avant de devenir président du VB en 1996, il forge sa réputation par sa rubrique étrangère permanente dans le mensuel du parti. Durant douze ans il a largement déterminé la vision internationale du Vlaams Blok, une vision dominée par un anti-communisme rabique, un anti-islamisme primaire, la solidarité blanche internationale et un nationalisme ethnique poussé.

Tout ceci continua jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix à grand renfort de vocabulaire agressif et musclé, tant affectionné par Vanhecke. Vanhecke écrivit aussi de nombreux articles à propos des formations d’extrême-droite à l’étranger dont il suivait les faits et gestes avec attention. Une grande partie des contacts que le Vlaams Blok établirait plus tard avec ces formations étrangères sont initiés par Vanhecke.

Bourgmestre-trouillard

La solidarité avec la tribu est un leitmotiv de l’extrême-droite. Les blancs qui soutiennent par exemple l’ ANC (Afrikaans Nationaal Congres), sont traînés dans la boue. Cela arriva en 1990 au bourgmestre d’Amsterdam Ed van Thijn, qui avait baptisé une place du nom de Nelson Mandela en l’honneur de la libération du résistant et futur président noir.

Ceci rendit Frank Vanhecke fou furieux. Il qualifia Van Thijn de "renégat pour son peuple et sa tribu," lors d’un discours enflammé en mars 1990. "Il faut ajouter aujourd’hui à sa qualité de bourgmestre-péquenaud: bourgmestre salissant les siens, bourgmestre hypocrite, bourgmestre trouillard. Après ce qui est arrivé à la mi-février, je ne trouve en effet pas de mots moins vifs (plus vifs oui, soyez-en convaincus) pour qualifier Van Thijn. Imaginez que le bourgmestre d’Amsterdam qui fait preuve tous les jours de son incapacité à gérer les problèmes de sa ville en matière de drogues, de criminalité, de logement et d’immigration a jugé nécessaire de rebaptiser la prestigieuse Leidseplein en ‘place Nelson-Mandela’, ce qui donna lieu à des manifestations hystériques dans les rues, dignes de l’un ou l’autre bidonville de Kinshasa ou des bas quartiers de Caracas, mais qu’on ne devrait pas voir en Europe occidentale. Ce monument d’incompétence qu’est Van Thijn a en plus trouvé bon de faire la leçon aux Sud-Africains dans un discours prononcé devant à la faune et flore rassemblée."

Le général Pinochet

Les marques de sympathie à l’adresse des politiciens étrangers, Vanhecke n’est est pas avare, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas vraiment difficile dans ses choix. Pendant des années, il déroulera le tapis rouge pour les voyous d’extrême-droite. Son anti-communisme primaire en est le principal ressort. Tandis que les régimes de gauche sont qualifiés de démoniaques, les régimes latino-américains d’extrême-droite lui paraissent dignes de tous les hommages.

À propos de l’ouragan dévastateur qui s’est abattu en 1998 au Nicaragua, Vanhecke écrit en décembre 1988: "Les dégâts matériels et moraux subis par le Nicaragua suite à l’ouragan ne sont rien par comparaison aux dégâts matériels et moraux eux aussi subis par ce pays suite au régime de terreur sandiniste subi par ce pays sous le dictateur "Fidel" Ortega", bien que Daniel Ortega est alors le président élu du pays depuis quatre ans.

Augusto Pinochet par contre, n’est jamais qualifié de dictateur par Vanhecke, il s’en tient au titre officiel de général, bien que Pinochet ait accédé au pouvoir en 1973 suite à un coup d’état sanglant contre le président élu démocratiquement Salvador Allende et qu’il dirigea le Chili d’une main de fer durant des années. "Gorbatschov, Honecker, Jaru­zelski, Ceaucescu, chacun d’entre eux est un dictateur communiste dont le pouvoir repose sur les institutions psychiatriques, les goulags et les sentences de mort. Comparé à tous ceux-ci, le Général Pinochet est un enfant de chœur," l’excuse Vanhecke en février 1988.

En février 1990 il propose de proclamer Pinochet, alors âgé de 75 ans, (°1915) personnalité de l’année parce qu’après dix-sept ans de dictature il laisse enfin la place à un président élu démocratiquement. "On peut dire de lui qu’il a fait de l’économie de son pays l’une des plus prospères de la région, qu’il a organisé des élections entièrement libres et qu’il a respecté le résultat de celles-ci," dit Vanhecke en retournant les rôles.

Franco

Vanhecke a vraiment les dirigeants militaires de droite à la bonne. Lorsqu’en 1988 le parti d’extrême-droite Arena (Alliance républicaine nationaliste) du controversé major d’Aubuisson gagne les élections parlementaires au Salvador, Vanhecke salue ce résultat en mai 1988 comme étant "la véritable voix du peuple, contre Amnesty International ou Broederlijk Delen."

Plus tard aussi, en février 1992 notamment, Vanhecke continue à louer Arena “le parti populaire de droite” pour sa dure répression contre la guérilla gauchiste du FMLN. Que d’Aubuisson soit nommé chef des escadrons de la mort et qu’il soit tenu pour responsable du meurtre de l’évêque des pauvres, monseigneur Romero,  Vanhecke balaie cela en mai 1989 comme "les visions de quelques ecclésiastiques progressifs d’Houtsiplou".
En mars 1990, Vanhecke plaide aussi pour la libération du colonel espagnol Tejero, qui fit une tentative ratée de coup d’état inspiré par la nostalgie de Franco et par l’horreur de la démocratie parlementaire.

Le colonel grec Papadopoulos, condamné à mort, leader du coup d’état militaire de 1967 installant le régime des colonels peut également compter sur la compassion de Vanhecke: "Ceux qui réclament la liberté pour Mandela, mais la refusent à Papadopoulos sont des hypocrites ou des menteurs, ou les deux à la fois," écrit-il en mai 1990.

KKK

A un autre moment, Vanhecke prend la défense de David Duke, ancien dirigeant du Ku-Klux-Klan (KKK), candidat au poste de gouverneur de l’état de la Louisiane. "Pas de problème pour les politiciens ex-communistes, mais par contre, ceux qui dans leur jeunesse ont fait un faux pas à droite - probablement stupide - restent damnés à jamais."
Du coup, Vanhecke se sent appelé à “enfin chanter la louange du livre paru en 1975, Le blanc soleil des vaincus de Dominique Venner (Ed. La Table Ronde, Paris)” écrit-il, persuasif, dans le mensuel du parti.  Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la guerre civile américaine, et par exemple à propos du véritable Ku-Klux-Klan sans retomber pour autant dans ces clichés qui donnent la nausée, ce livre est incontournable. [...] Un anti-poison chaudement recommandé contre la désinformation quotidienne des grands médias!," dit le futur président du VB en janvier 1992.

Son dernier article pour la rubrique étrangère paraît en juin 1996. C’est un article venimeux contre le rapport européen A propos du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme sous le titre ‘La logorrhée européenne frappe à nouveau'. Quant aux membres flamands du Parlement européen qui ont approuvé le rapport, Vanhecke leur donne le joli nom de "collaborateurs de l’islam".

traduction: bc


[1] "t Pallieterke, 03.07.1996. Stefan Sintobin, un cadre du VB d’Izegem, cite les paroles de Vanhecke en les approuvant. Il s’agit d’une réaction à la lettre ici citée de Luc Sevenhans dans 't Pallieterke. Vanhecke répète ces paroles dans une interview avec le magazine du KVHV Ons Leven, en mai 1997.
[2] Vlaams Blok, juin 1996.
[3] Vlaams Blok, juillet-août 1996.
[4] Gazet van Antwerpen, le 12.06.1996.
[5] Verstraete P.J., Karel Dillen, portret van een rebel, 1992, p. 143.
[6] Deutsche National Zeitung, le 22.04.1988 (in: AFF-Info Verzet, mars 1989).

 
Voeg toe aan favorieten
© 2010 Blokwatch - Nationale webstek over het Vlaams Belang
Page generated in 0.168411 seconds
1 jaar Blokwatch Reeds 7 miljoen keer bezocht!