02-09-2010


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Pourquoi Vlaams Belang? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marc Spruyt   

Le 2 octobre1977 : Karel Dillen fonde le Vlaams-Nationale Partij (VNP), parti rebaptisé officiellement Vlaams Blok le 28 mai 1979. Dans les principes fondateurs est exigé  “le retour de l’immense majorité des travailleurs immigrés non européens vers leur patrie d’origine” et ceci “dans un délai raisonnable”.

Le 6 juin 1992 : A l’occasion du colloque 'Immigration: l’Occident face à ses choix’, Filip Dewinter présente le plan ‘Immigration : les solutions’ qui détaille en 70 points comment ce retour devra être réalisé (connu sous le nom ‘plan en 70 points’).

Le 9 novembre 2004 : la Cour de Cassation confirme l’arrêt de la Cour d’Appel de Gand du 21 avril 2004 condamnant le Vlaams Blok en tant que parti raciste, suite à un procès qui dura trois ans et qui fut initié par une plainte déposée le 11 octobre 2000 par le Centrum voor Racismebestrijding et la Liga voor Mensenrechten. Tant le plan en 70 points que les principes fondateurs du VB furent cités comme preuves du caractère raciste du VB.

Le 14 novembre 2004 : le Vlaams Blok change de nom. Désormais le parti s’appellera Vlaams Belang. D’après ses propres dires, ce changement de nom a dû être opéré parce que l’arrêt de la Cour de Cassation l’ y força. Rien n’est pourtant moins vrai. 


Mauvais perdants

Pour un parti proclamant sans cesse que les lois existent pour être appliquées, le Vlaams Blok réagit bien aigrement à l’application la plus récente de la loi contre le racisme. Il faut dire que cette fois, c’est le parti lui-même qui se trouvait dans le banc des accusés. "Une caricature de la démocratie et de la liberté d’opinion" s’écria le président du Blok Frank Vanhecke après avoir entendu l’arrêt de la Cour de Cassation, le 9 novembre 2004, arrêt dans lequel il était confirmé que le Blok se moque de la loi contre le racisme. "Je sors d’ici comme un criminel, uniquement parce que j’ai une opinion marquée" vitupéra à son tour Filip Dewinter.

Alors que la seule réaction adéquate fut celle de Jos Vander Velpen, l’avocat de la Ligue des Droits de l’Homme: "Le droit a triomphé." Et c’est bien vrai : même le parti provisoirement le plus grand en Flandre ne se situe pas au-dessus des lois,  même quand cette loi en est une que le VB préférerait faire passer le plus vite possible à la trappe. Et d’ailleurs, si la loi sur le racisme était supprimée, qu’est-ce que cela donnerait? Le VB se lâcherait-il à nouveau complètement, et oserait-il proférer des propos violemment racistes sans être retenu par rien ni personne ?

Allons bon, même le VB pense que la liberté d’opinion a ses limites, seulement, il n’en fait pas vraiment état. Ainsi la loi sur le négationnisme par exemple, punissant la négation, la minimalisation ou l’approbation de l’holocauste, fut aussi approuvée par le VB en 1995. "Un parti qui chérit autant la liberté d’opinion aurait dû refuser toute collaboration à cette comédie" pouvait-on lire dans une lettre de mécontentement que la direction de Voorpost adressa à l’époque aux hautes sphères du parti. Le VB est donc bien d’accord, tout le monde ne peut pas exprimer ainsi ses idées sans retenue, sauf lorsqu’il s’agit des immigrés.
 
Ici et là on affirme qu’à présent le Vlaams Blok est un parti interdit. Ceci est faux: l’arrêt de la Cour d’Appel de Gand, exécutoire depuis la confirmation par la Cour de Cassation, a condamné le Blok au paiement de trois amendes de chacune 12.395 €, augmentées d’une indemnisation morale pour les deux parties plaignantes, soit une amende de 45.115,76 € au total (environ 1,8 millions de BEF). Le tribunal n’a pas non plus dissous les trois asbl qui comparaissaient en réalité.

Le VB ne risque pas non plus de perdre sa dotation de parti, pour la raison à la fois simple et scandaleuse que les arrêtés d’exécution de cette loi n’ont toujours pas été votés, et qu’apparemment plus personne n’a l’intention de s’y atteler rapidement. Même si c’était le cas d’ailleurs, alors encore la sanction la plus lourde serait la perte de la dotation pendant un an, situation à laquelle le VB pourrait faire face sans aucun problème, étant donné ses réserves confortables.  De plus, cette sanction ne constitue nullement une conséquence automatique de la présente condamnation puisqu’elle exige une nouvelle procédure.

On en est donc très loin. Rien non plus ne contraignait le Blok à changer de nom ni à se dissoudre lui-même. C’est un spectre que le parti aime agiter, mais c’est un non-sens juridique tout aussi absurde que d’affirmer que tous les membres du parti ou toutes les personnes lui livrant des services (le facteur qui distribue les lettres, le cafetier qui loue son arrière-salle etc.) seraient à présent punissables.

L’unique véritable conséquence de l’arrêt est que le VB doit son corriger son programme et qu’il doit supprimer toutes les parties racistes de son programme.

Selon certains journalistes et politiciens, le parti s’y est déjà mis en supprimant le plan en 70 points et en adaptant les principes fondateurs. Il paraît que sur base du programme actuel le VB ne serait plus condamné. Cette opinion est avant tout propagée par le VB lui-même, mais elle n’a été vérifiée par personne quant au le fond. Il est étonnant de constater comment certains se contentent d’aussi peu de preuves pour croire ce qu’ils aimeraient bien pouvoir croire.  
 
La seule chose certaine à ce jour à propos du VB est qu’il s’agit d’un parti raciste. Même sans le plan en 70 points, le slogan du parti est toujours "S’adapter ou repartir". Ce n’est pas parce que " le retour de l’immense majorité des travailleurs immigrés non européens" a été supprimé dans les principes fondateurs que le VB n’est plus d’avis de s’y mettre tôt ou tard.  

Qu’a donc dit Filip Dewinter ? "Celles qui portent le voile, à la porte."

Qu’a donc dit Frank Vanhecke ? "En Europe il n’y a pas de place pour l’islam."

S’adapter ou dégager ? Dégager!

traduction: bc


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